Au Centre-du-Québec, le moins de gré à gré, et des appels d'offres qui restent disputés
La part de gré à gré la plus basse des dix-sept régions, avec l'Abitibi-Témiscamingue, et peu d'appels à une seule soumission : le bilan au Centre-du-Québec.
Par Philippe Dallaire, fondateur ·

Le bilan des marchés publics mesure, région par région, la taille des contrats, la part du gré à gré et la concurrence sur les appels d'offres publics. Deux régions ont la part de gré à gré la plus basse du Québec : l'Abitibi-Témiscamingue et le Centre-du-Québec. En Abitibi-Témiscamingue, un appel attire peu de soumissionnaires. Au Centre-du-Québec, c'est l'inverse : les appels restent disputés.
Le moins de gré à gré
La part des processus adjugés de gré à gré y est de 42 %, contre 62 % pour tout le Québec. C'est, à égalité avec l'Abitibi-Témiscamingue, la part la plus basse des dix-sept régions ; viennent ensuite le Saguenay–Lac-Saint-Jean et l'Outaouais. Un contrat de gré à gré attribué sous le seuil d'appel d'offres public est légal, et le bilan ne dit pas pourquoi la part est plus basse ici.
Des appels qui attirent des concurrents
Sur les 900 appels d'offres publics fermés en 2024 et 2025 dont l'avis ne nomme que le Centre-du-Québec, 15 % n'ont reçu qu'une seule soumission, contre 18 % pour tout le Québec. Seules Laval et Lanaudière ont une part plus basse. Un appel y a attiré en moyenne 4,0 soumissionnaires, du même ordre que pour l'ensemble du Québec.
Un contrat médian proche de celui du Québec
En 2024 et 2025, le contrat médian adjugé au Centre-du-Québec valait 66 k$, contre 69 k$ pour tout le Québec. En Outaouais, peu de gré à gré allait avec des contrats parmi les plus gros du Québec, et on pouvait y voir un lien : les contrats de gré à gré sont surtout des contrats sous le seuil, donc plus petits. Le Centre-du-Québec montre que ce lien n'est pas automatique. Le bilan ne dit pas pourquoi : la valeur d'un contrat dépend d'abord de ce qui est acheté.
Ce que le bilan ne dit pas
Le bilan compte les soumissions ; il ne dit pas pourquoi les appels à une seule soumission sont plus rares ici, et une seule soumission ne dit rien de la façon dont un contrat a été attribué. La distance pèse peut-être. La région est à portée de route des grands centres, où les entreprises sont nombreuses : une entreprise de l'extérieur y a moins de chemin à faire qu'en Abitibi-Témiscamingue ou sur la Côte-Nord, et moins de déplacement à mettre dans son prix. Le bilan ne le mesure pas.
Pour un soumissionnaire
Une plus grande part des contrats qu'ailleurs passe par un appel d'offres public, et ces appels attirent autant de concurrents qu'ailleurs au Québec. Une entreprise qui suit les appels de son métier dans la région y trouve donc des occasions, mais rarement sans concurrent en face : sa soumission y est comparée à d'autres presque à chaque fois.