En Outaouais, des contrats plus gros qu'ailleurs, et moins de gré à gré
Le deuxième contrat médian des dix-sept régions, l'une des plus faibles parts de gré à gré, et un peu moins de concurrence : le bilan en Outaouais.
Par Philippe Dallaire, fondateur ·

Le bilan des marchés publics mesure, région par région, la taille des contrats, la part du gré à gré et la concurrence sur les appels d'offres publics. L'Outaouais se distingue sur les deux premières mesures : ses contrats sont parmi les plus gros du Québec, et une plus grande part passe par une mise en concurrence qu'ailleurs. La concurrence, elle, y est un peu plus mince que la moyenne.
Le deuxième contrat médian des dix-sept régions
En 2024 et 2025, le contrat médian adjugé en Outaouais valait 83 k$, contre 69 k$ pour tout le Québec. Seule Laval a un contrat médian plus élevé (94 k$). Le bilan ne dit pas pourquoi : la valeur d'un contrat dépend d'abord de ce qui est acheté.
Moins de gré à gré
La part des processus adjugés de gré à gré y est de 46 %, contre 62 % pour tout le Québec. Seuls l'Abitibi-Témiscamingue, le Centre-du-Québec et le Saguenay–Lac-Saint-Jean ont une part plus basse. Un contrat de gré à gré attribué sous le seuil d'appel d'offres public est légal.
Les deux mesures se touchent sans doute. Les contrats de gré à gré sont surtout des contrats sous le seuil, donc plus petits ; une région où ils pèsent moins a, toutes choses égales, un contrat médian plus élevé. Ce n'est pas toute l'histoire : Laval a le contrat médian le plus élevé avec une part de gré à gré au-dessus de celle du Québec.
Un peu moins de concurrence par appel
Sur les 1 212 appels d'offres publics fermés en 2024 et 2025 dont l'avis ne nomme que l'Outaouais, un appel a attiré en moyenne 3,4 soumissionnaires, contre 4,0 pour tout le Québec. Parmi ces appels, 21 % n'ont reçu qu'une seule soumission, contre 18 % pour le Québec. Seules la Côte-Nord, la Gaspésie, l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec ont une part plus forte.
Ce que le bilan ne dit pas
Le bilan compte les soumissions ; il ne dit pas pourquoi elles sont un peu moins nombreuses ici, et une seule soumission ne dit rien de la façon dont un contrat a été attribué. Deux choses pèsent peut-être. La région est grande, et une bonne partie de son territoire est loin des centres où les entreprises sont nombreuses. Et une partie des entreprises voisines est établie de l'autre côté de la rivière des Outaouais, en Ontario : sous les seuils des accords intergouvernementaux, un organisme public peut exiger un établissement au Québec. Le bilan ne mesure ni l'un ni l'autre.
Pour un soumissionnaire
Une plus grande part des contrats qu'ailleurs passe par un appel public, ces contrats sont plutôt gros, et chaque appel attire un peu moins de concurrents que la moyenne : une entreprise qui suit les appels de son métier dans la région y trouve de la place. Pour une entreprise établie en Ontario, tout tient au seuil du contrat visé ; les règles sont dans Bidding on Quebec public tenders from Ontario, en anglais.