En Gaspésie, les appels d'offres publics attirent moins de concurrents
Moins de soumissionnaires par appel qu'ailleurs au Québec, et plus d'appels à une seule soumission : ce que le bilan mesure en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Par Philippe Dallaire, fondateur ·

Le bilan des marchés publics compte, région par région, combien d'entreprises répondent aux appels d'offres publics. En 2024 et 2025, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine est, avec la Côte-Nord et l'Abitibi-Témiscamingue, l'une des régions où elles sont le moins nombreuses.
Moins de concurrents par appel
Sur les 497 appels d'offres publics fermés en 2024 et 2025 dont l'avis ne nomme que la région, 32 % n'ont reçu qu'une seule soumission. Pour tout le Québec, c'est 18 %. Un appel y attire en moyenne 2,7 soumissionnaires, contre 4,0 dans l'ensemble du Québec.
Ce que le bilan ne dit pas
Le bilan compte les soumissions ; il ne dit pas pourquoi il y en a peu. Une seule soumission ne dit rien de la façon dont un contrat a été attribué : elle dit combien d'entreprises ont répondu. Dans une région vaste et peu peuplée, deux choses pèsent sans doute : le nombre d'entreprises établies sur place pour chaque type de travaux, et la distance, qu'une entreprise de l'extérieur doit mettre dans son prix.
Pour le reste, un marché comme les autres
La part des processus adjugés de gré à gré y est de 61 %, proche de celle de tout le Québec (62 %). Un contrat de gré à gré attribué sous le seuil d'appel d'offres public est légal. Le contrat médian y est plus petit : 57 k$, contre 69 k$ pour le Québec.
Pour un soumissionnaire
Là où les concurrents sont rares, une entreprise qui soumissionne a plus de chances de se retrouver seule ou presque sur un appel. C'est aussi un marché où une entreprise de l'extérieur a sa place, si elle chiffre le déplacement dès le départ plutôt que de le découvrir après l'adjudication.