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Les sources d'appels d'offres que nous indexons au Canada

Neuf sources publiques, ce que chacune permet de dire, ce qui manque et pourquoi — et ce qui fonctionne sur n'importe quel appel d'offres.

Une entreprise qui nous découvre pose presque toujours la même question, et c'est la bonne : sur quels appels d'offres travaillez-vous vraiment ?

Réponse courte : neuf sources publiques, quatre provinces où nous voyons autre chose que le fédéral, et une couverture volontairement inégale. La version vivante est sur la carte des appels d'offres ouverts, refaite toutes les heures.

La version longue mérite un article, parce que ce qui décide de tout n'est pas la province. C'est ce que chaque source accepte de publier.

Ce que chaque source publie

Un portail qui annonce les avis, publie le gagnant et publie aussi les offres perdantes permet de dire des choses qu'aucun autre ne permet. Un portail qui ne publie que l'adjudicataire ferme quatre questions sur cinq d'un coup. C'est le seul classement qui compte, alors le voici.

Les avis, les contrats et toutes les offres déposées.

  • SEAO — tous les organismes publics du Québec, en données ouvertes sous licence CC-BY, avec l'historique des soumissions sur plus de vingt ans. C'est la source la plus complète du pays, et de loin.
  • bids&tenders — quatre-vingts portails municipaux : trente en Ontario, vingt-six en Colombie-Britannique, vingt-quatre en Alberta. Villes, régions, autorités de santé, sociétés de transport. En Ontario seulement, 280 avis ouverts et 37 046 contrats adjugés au moment de la mesure, le 22 août 2026. Chaque contrat adjugé y affiche l'échelle complète : quelle entreprise a soumissionné, et à combien.
  • Ville de Vancouver — pas de fil d'avis, mais les soumissions perdantes nommées et chiffrées sur plus de mille six cents contrats depuis 2013.

Les avis et les contrats, mais le gagnant seulement.

  • CanadaBuys — les avis fédéraux ouverts, plus 133 504 avis d'adjudication. Ottawa publie qui a gagné et jamais qui a perdu.
  • Ville de Toronto — le fil des sollicitations ouvertes et les contrats adjugés depuis 2012. Même limite.

Les contrats seulement.

  • Ville d'Ottawa — 17 218 adjudications de 2016 à 2024.
  • Ville de Kitchener — 1 680 adjudications de 2004 à 2019, et la seule source ontarienne qui publie combien d'entreprises ont pris les documents et combien ont réellement déposé.
  • Gouvernement de l'Alberta — 16 579 contrats de gré à gré. Une phrase doit toujours voyager avec ceux-là : il n'y a pas eu de concurrence. C'est un signal d'occupation du terrain et un ordre de grandeur, jamais une fourchette de prix ni un comparable.

Trois niveaux de réponse, et pourquoi ils diffèrent

Ce que vous recevez dépend directement de la liste ci-dessus.

Un rapport complet, avec une note sur 100 — au Québec. La fourchette de prix calibrée, le nombre de soumissionnaires attendus, les concurrents probables nommés, et la recommandation aller ou ne pas aller. La raison pour laquelle cela s'arrête à la frontière est précise : la grille de recommandation repose sur cinq facteurs, dont un est obligatoire — l'adéquation au secteur — et ce facteur se calcule à partir de l'historique de soumission québécois. Sans lui, la grille refuse de noter plutôt que d'inventer.

Un aperçu, sans note. Pour les avis fédéraux, ceux de Toronto et ceux des portails municipaux : le titulaire actuel, le dossier d'adjudication de l'acheteur, une référence de prix tirée des contrats comparables, les récurrents, et les documents de l'avis. Il n'est publié que lorsqu'il y a réellement de quoi le remplir. Sur les avis fédéraux ouverts mesurés le 21 août 2026, 799 sur 908 franchissaient cette barre.

Une référence de prix n'est pas une fourchette calibrée, et nous ne mélangeons jamais les deux. La fourchette du rapport québécois annonce un taux de couverture mesuré et vérifiable, publié sur la page précision. La référence fédérale est simplement l'étendue de ce qui a été payé sur des contrats semblables.

Un simple listage, quand il n'y a rien d'honnête à ajouter.

C'est le même principe que celui de notre article Nos chiffres ne sortent pas d'une intelligence artificielle : un outil utile doit pouvoir dire qu'il ne sait pas. Un aperçu à la place d'une note, c'est cette règle appliquée à la couverture plutôt qu'à la statistique.

Le détail qui surprend

Les portails bids&tenders publient l'échelle complète des offres. Ils sont la seule source hors Québec à le faire. Ce qui manque pour noter l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta n'est donc pas la donnée : c'est une deuxième grille, bâtie sur l'historique de ces provinces plutôt que sur celui du Québec.

Avec une nuance mesurée le 22 août 2026, sur 451 contestations ontariennes : la plus basse soumission conforme l'a emporté plus de neuf fois sur dix. Là où le prix décide à ce point, une fourchette et un écart au gagnant restent utiles, mais une probabilité de gain n'a presque rien à apprendre.

Ce qui manque, et pourquoi

La réponse n'est pas technique. Elle est une question de permission.

  • MERX — plateforme commerciale privée. Infrastructure Ontario et Metrolinx y publient.
  • Ontario Tenders Portal (Supply Ontario) — aucune liste accessible sans compte. La voie légitime est une demande d'accès aux données, pas un contournement. Le portail de données ouvertes de l'Ontario, lui, ne publie aucun fil d'avis ni d'adjudications.
  • BC Bid — derrière une authentification, sous une licence personnelle, non transférable et non sous-licenciable.
  • Alberta Purchasing Connection — ses conditions d'utilisation interdisent l'accès automatisé et n'accordent aucune licence de rediffusion.
  • SAP Ariba — Calgary et Edmonton, les deux plus gros acheteurs de l'Alberta, y publient.
  • Biddingo, Bonfire — portails propres à chaque organisme.
  • La Saskatchewan, le Manitoba, les provinces de l'Atlantique et les territoires — nous n'y recensons que les avis fédéraux.

D'où la mise en garde que porte déjà la carte : une province pâle veut dire « nous en suivons peu », jamais « il s'y publie peu ».

Où chercher entre-temps

Nous préférons vous envoyer directement à la source plutôt que de laisser croire à une couverture que nous n'avons pas. Le gouvernement fédéral tient d'ailleurs la liste officielle des autres sites d'appels d'offres.

Ce qui fonctionne sur n'importe quel appel d'offres

Voici le point que cet article existe pour faire passer, et il est facile à manquer : la couverture décide de ce que nous pouvons prévoir, pas de ce que l'application peut faire.

Dès que vous avez les documents de l'appel d'offres — peu importe la province, la source, ou même s'il s'agit d'un appel sur invitation qui n'apparaît nulle part — vous les déposez et l'application les lit. Rien dans ce parcours ne consulte notre entrepôt de données.

  • Le juridique. Chaque obligation, pénalité, garantie et clause à risque, avec sa citation exacte et un lien vers la page d'où elle vient. Chacune est classée sur deux axes indépendants : est-ce qu'un manquement vous rend inadmissible, et est-ce le genre de condition qu'une entreprise compétente pourrait réellement échouer. Les deux ne sont pas la même chose, et confondre les deux est la façon la plus courante de perdre du temps sur du passe-partout.
  • Les dates clés. Toutes les dates fixées par l'avis, normalisées, avec celles qui approchent en tête. Un addenda qui déplace une échéance n'efface pas l'ancienne : elle reste affichée, barrée, marquée comme remplacée, et cesse de compter comme urgente.
  • La recommandation. Elle est toujours tentée. Quand les comparables existent, elle s'appuie dessus ; quand ils n'existent pas, elle se rabat sur votre propre soumission, vos soumissions passées et votre profil d'entreprise, sans aucun appel à l'entrepôt. L'absence de données de marché n'est jamais en soi une raison de renoncer, et une attestation absente de votre dossier est traitée comme un élément à confirmer, jamais comme une preuve que vous ne l'avez pas.
  • Les documents à produire, et la validation de vos fichiers. Les exigences éparpillées dans plusieurs documents sont regroupées en une entrée par livrable, étiquetée selon ce qu'elle vous coûte à obtenir : à remplir, à partir d'un modèle, à créer, à fournir, à obtenir. La distinction entre les deux dernières est le délai, parce que c'est elle qui change votre planification. Ensuite, chaque fichier que vous déposez est confronté aux exigences et à votre propre dossier d'entreprise : signature manquante ou non autorisée, numéro de licence erroné, erreur de prix ou de quantité, chiffre qui contredit votre profil, attestation obligatoire absente. Les défauts cosmétiques ne sont pas rapportés — sauf lorsqu'une faute corrompt une valeur qui compte, comme un nom légal ou un numéro de licence.

Deux limites, dites franchement. L'application ne va pas chercher un appel d'offres à partir d'une adresse web : c'est vous qui fournissez les fichiers, parce que la plupart des portails ne les rendent pas récupérables. Et cette moitié du produit demande un abonnement — les tarifs sont publics.

La préparation de soumission et vos documents détaillent l'un et l'autre.

La direction

Nous voulons élargir l'endroit où une note complète est possible, couvrir plus de municipalités, et ajouter les portails provinciaux là où leurs conditions le permettent. Cette dernière partie ne dépend pas de nous : c'est une question de permission, pas d'ingénierie, et nous préférons ne rien promettre sur un calendrier que nous ne contrôlons pas.

Ce que nous nous engageons à faire, en revanche, c'est à dire ce que nous couvrons et ce que nous ne couvrons pas, à l'endroit où la question se pose.

Pour aller plus loin

La suite

Offra note pour votre entreprise chaque appel d'offres public actuellement ouvert au Québec, et génère le rapport complet sur ceux qui comptent.